Le débit du Rhône

Nous proposons de découvrir notre terrain de jeu en communiquant des informations. Pour les stations les plus importantes les informations sont régulièrement actualisées (toutes les 2 heures). En période de fortes évolutions le rythme d’actualisation devient plus rapide. Ces informations proviennent d’enregistrements automatiques en temps réel effectués par la CNR (plus d’informations).

Hydrologie du jour :

Le débit nécessaire à une pêche correcte sur le secteur de St Vallier, doit être inférieur à 1000m3/s à la station de Ternay. L’ouverture des vannes du barrage de la Roche de Glun se situe autour de 2000m3 à la station de Bourg lès Valence.

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Description du Rhône (source wikipédia) : Le Rhône est un fleuve d’Europe. Long de 812 kilomètres, il prend sa source au glacier du Rhône dans les Alpes suisses (290 km) et finit son cours dans le delta de Camargue en France (522 km) pour se jeter dans la mer Méditerranée. Il alimente au passage le lac Léman.

Après le Nil, le Rhône a le plus gros débit de tous les fleuves s’écoulant en Méditerranée. Se jetant dans une mer sans marée, le fleuve a formé un delta avec des bras qui se sont déplacés globalement d’ouest en est au cours de la période historique. Désormais endigué, son delta est figé hormis lors de crues exceptionnelles comme par exemple en 1993, 1994 et 2003.

Il est parfois identifié à l’Éridan qui est le nom d’un dieu fleuve de la mythologie grecque, fils d’Océan et de Thétys.

L’origine et la signification du nom de ce fleuve sont encore sujettes à discussion. D’après l’hypothèse celtique Rhodanus ou Rodanus viendrait de Rhôdan, qui signifie « tourner vivement » ; mais la forme de ce nom paraît plus grecque que celtique, et Pline l’Ancien dans son Histoire naturelle estimait que le Rhône tire son nom de Rhoda ou Rhodanusia, colonie de Rhodiens bâtie jadis à l’une de ses embouchures, aux environs d’Aigues-Mortes.

Le Rhône naît au-dessus de Gletsch dans le massif du Saint-Gothard, en Suisse. Sa source est constituée par les eaux de fonte du glacier du Rhône qui comble le sommet de la vallée de Conches, sous les cols de la Furka et du Grimsel. Puissant torrent de montagne, il coule d’abord dans une direction est-ouest tout au long de la vallée du Rhône ; à Martigny sa vallée se rétrécit fortement et il remonte vers le nord avant de se jeter dans le lac Léman ; il en ressort à Genève, où il reçoit l’Arve, puis pénètre en France ; le tracé de son cours est sinueux jusqu’aux environs de Lyon ou il reçoit la Saône, son plus long affluent ; dans cette section, la vallée sépare les massifs alpin (rive gauche) et jurassien (rive droite). À partir de Lyon, il coule vers le sud, entre Alpes et Massif Central, pour se jeter par le delta de la Camargue dans la mer Méditerranée.

plan du Rhône

Ses principaux affluents majeurs (plus de 100 m³/s)

* la Saône

* l’ Isère

* la Durance

* l’ Ain

Régime :

Le régime hydraulique du Rhône est caractérisé par des maxima automnaux liés aux pluies méditerranéennes, et printaniers en raison de la fonte des glaces. L’hiver présente souvent des débits soutenus mais moins marqués et le régime hydraulique minimum est estival.

Longtemps qualifié de « fleuve fantasque », en raison de ces crues puissantes (plus de 11 000 m³/s à l’aval), il est d’usage de parler aujourd’hui de « fleuve dompté » depuis l’aménagement général par la CNR. Les crues de 1993-1994 et de 2002-2003 ont montré, s’il en était besoin, que l’aménagement hydroélectrique ne gère que les débits ordinaires, mais n’empêche en aucun cas la formation de grandes crues similaires à celles du 19e siècle.

Le Rhône se caractérise par la diversité de son bassin versant :

* apports alpins soutenu entre mai et juillet (fonte des neiges et des glaciers)

* apports océaniques d’hiver, à crues lentes (Saône)

* apports méditerranéens et cévennols à crues violentes d’automne et étiages sévères d’été.

Il en résulte un régime hydrologique très complexe, et une très grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivants :

* les crues océaniques, dans lesquelles la Saône joue un rôle prépondérant

* les crues méditerranéennes extensives (janvier 1994), avec une forte contribution des affluents méditerranéens de rive gauche (Durance, notamment)

* les crues cévennoles (septembre 2002) avec un rôle prépondérant des affluents méditerranéens de rive droite (Ardèche, Cèze, Gardon)

* les crues généralisées (type 1856)

Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à Beaucaire est de 1.700 m³/s (données 1920-2005). On considère que le Rhône est en crue dès que son débit dépasse les 5000 m³/s. Le record récent mesuré date de décembre 2003 avec un débit annoncé initialement à 13000 m³/s à Beaucaire[3]. Le débit a été depuis révisé à 11500 m3/s +- 5% [4]. Voir aussi Compagnie nationale du Rhône[5] et mairie d’Arles.

Les services de l’Etat, pour l’évaluation du risque d’inondation (élaboration des Plans de Prévention des Risques d’Inondation, PPRi), retiennent comme crue de référence la crue de 1856, estimée à 12500 m3/s à Beaucaire : elle serait ainsi un peu plus forte que la crue de 2003.

La plus grosse crue historique est probablement celle survenue en novembre 1548, voire celle de 580. La crue millénaire, quant à elle, est estimée à plus de 14000 m³/s (entre 14000 m³/s et 16000 m³/s, selon les auteurs, avec un consensus plus marqué pour 14000-14500 m³/s). Le Rhône est celui des cinq fleuves français dont le débit est le plus élevé.

Le delta du Rhône, d’abord avant le XIIIe siècle puis jusqu’au XIXe siècle

Le Rhône à connu de nombreuses crues, déjà vers 175 av J.C., la ville d’Arles a été touchée. En 2003, la crue d’automne (début décembre) marque la plus grande crue historique mesurée avec un débit instantané de 13000 m³/s le 4 décembre à 03h00 à Beaucaire. La Compagnie nationale du Rhône (CNR) dans son rapport de synthèse indique un débit horaire supérieur à 12500 m³/s. Les dégâts sont particulièrement dramatiques dans la plaine du bas Rhône (au sud de Tarascon) par suite de rupture des digues.

Le Rhône peut être divisé en deux avec les parties amont et aval du Lac Léman, ou sa morphologie est assez différente. Le Rhône est le seul fleuve reliant la Méditerranée à l’Europe du Nord. Il constitue depuis les Rhodiens et les Phéniciens un axe majeur de circulation des populations et des marchandises. Élément structurant dans l’organisation des territoires, le Rhône conduit aussi les hommes à se surpasser pour le dompter et surtout le traverser.

On trouve ainsi des traces d’occupation dès la préhistoire. Dès l’Antiquité, l’étain, le cuivre ou les peaux du nord sont échangées contre des productions de l’Orient et de la Méditerranée (ivoire, épices, étoffes…).

En aout 218 av. J.-C., Hannibal traverse le Rhône avec son armée de 80 000 hommes et 37 éléphants dans le but de traverser les Alpes. L’armée romaine sous les ordres de Scipion étant toute proche sur la rive gauche du fleuve, il préfère remonter le long du fleuve à vive allure pendant 4 jours pour l’éviter et ainsi affronter l’ennemi en Italie, sur son territoire.

À l’époque romaine, il devient une voie de développement commercial. Plus tard, le vin, la vaisselle et le sel d’une part, les armes et les étoffes d’autres part empruntent en sens inverse le sillon rhodanien. La présence du fleuve permet le développement des villes comme Arles, Avignon ou Vienne qui profitent de leur atout géographique à la croisée du Rhône et des axes de communication terrestres et maritimes. Les franchissements du fleuve participent également de manière déterminante à l’histoire des villes et des territoires. Ces ponts, des ponts romains jusqu’aux ponts actuels, sont également un formidable moteur d’évolution et de progrès technique.

Le Rhône a donné son nom :

* au département français du Rhône ;

* au département français des Bouches-du-Rhône ;

* à l’ancien département révolutionnaire de Rhône-et-Loire ;

* à la région française Rhône-Alpes.

Nouveau logo CNR

Les aménagements pour la navigation

A partir du milieu du 18e siècle, des endiguements insubmersibles sont construits par les riverains. Ils restent cependant peu nombreux jusque vers 1840. A la suite des graves inondations de 1840 est créé le « Service spécial du Rhône ». A cette date débute la construction systématique de digues insubmersibles dans la plaine d’inondation.

En parallèle, un principe d’aménagement du chenal est adopté pour améliorer les conditions de navigation selon un tracé sinusoïdal à grand rayon de courbure. Des digues submersibles sont construites le long des rives concaves. Le barrage systématique des bras secondaires est engagé. Parfois, le double objectif de protection des terres et de fixation du chenal navigable conduit à des digues insubmersibles, comme à Pierre-Bénite.

La loi de 1878 déclare d’utilité publique « les travaux d’amélioration du Rhône entre Lyon et la mer ». Les aménagements connaissent alors une expansion rapide.

Girardon (1884) révolutionne les conceptions de l’aménagement à courant libre. Il modifie l’utilisation des épis plongeants et noyés, des seuils de fond, des tenons et des traverses selon une méthode qui sera appliquée sur le Rhône aval avec succès [in Poinsart, 1992]. Les « casiers » résultent de l’association systématique des tenons aux digues basses. L’objectif est de tendre vers un chenal de 150 m de largeur en général, avec une profondeur d’eau de 1.60m sous l’étiage conventionnel.

En 1938, l’aménagement du Rhône à courant libre est à peu près systématique entre Lyon et Arles. Le tressage a disparu au profit d’un lit unique sans latitude de divagation, muni d’annexes hydrauliques de plus en plus déconnectées.

Durant les années 1980, la Compagnie nationale du Rhône réalisa le Canal de Savières afin de permettre la navigation entre le Lac du Bourget qui est le plus grand lac naturel de France et le Rhône. Le niveau du canal du Haut-Rhône est monté de 4 m et une écluse a été construite pour permettre le passage des bateaux. Un barrage fut érigé pour régulariser le niveau de l’eau afin d’accueil ce nouveau canal long de 4.5 km.

L’aménagements CNR

Dès 1899, l’aménagement de Miribel-Jonage (barrage de Jons et usine de Cusset) constitue la première exploitation du Rhône pour l’hydroélectricité.

La CNR est créée en 1934. L’aménagement général du Rhône par la CNR a débuté en 1950 avec la mise en eau de Génissiat. Il s’agit du seul barrage de haute chute du Rhône. L’aménagement a porté ensuite dans les années 1950/1960 sur la partie centrale du Bas-Rhône (chute de Donzère-Mondragon). Il s’est poursuivi dans les années 1970 par l’aménagement des tiers aval et amont du Bas-Rhône, puis dans les années 1980 par l’aménagement du Haut-Rhône.

A l’exception de Génissiat, il s’agit d’ouvrages de basses chutes, entièrement effaçables, associés (sauf sur Seyssel et Vaugris) à des dérivations. Le débit dérivé varie de 700 m³/s sur le Haut-Rhône à 2200 m³/s sur le Bas-Rhône aval. Il est en moyenne 1,5 fois supérieur au module.

L’aménagement du Rhône pour la production hydroélectrique et la navigation concerne ainsi la quasi totalité du linéaire : seul le tronçon entre Sault-Brenaz et Lyon (avec l’abandon du projet de chute de Loyette) et l’aval de Vallabrègues jusqu’à la Camargue ne sont pas concernés.

L’impact de ces aménagements sur le transit des graviers est lié à deux grands facteurs : la perturbation du régime des pentes dans les retenues et la perturbation du régime des débits dans les tronçons court-circuités.