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Quand la nature s’en mêle !
12 mars 2009
Depuis quelques années, je partage avec mon ami Stéphane BIANCHIN la passion Carpe, tous nos week-ends et jours de congés se passent ensemble au bord de l’eau. Nous sommes une équipe très soudée et complémentaire lorsqu’il s’agit de faire une pêche sérieuse sur différents postes situés sur un plan d’eau ou en rivière.
Depuis quelques mois, il nous trottait une idée en tête, et si, nous participions à un enduro. Rien de tel pour se confronter à des lieux où la nature est encore inconnue. L’heure était venue pour nous, de sortir nos agendas, et de faire coïncider nos calendriers de vacances.
C’est l’enduro de Feurs qui fit l’unanimité et dont les dates correspondaient le mieux avec nos jours de congés.
Il s’agissait d’un enduro de 67 heures du 25 au 28 juillet sur les bords de la Loire.
C’était notre première participation dans un enduro, pour nous tout devait être parfait.
Nous ne connaissions pas du tout la Loire, mais en prenant exemple sur nos connaissances du Rhône, le choix des appâts à emporter fût très vite fait. Du maïs, du blé, des Tigers-nuts, et des bouillettes avec quelques kilos de farine.
J’ai eu du mal à dormir, je tourne et me retourne dans tous les sens pour trouver le sommeil, mais après plusieurs heures j’arrive enfin à m’endormir.
Soudain, le réveil sonne, il est 4 heures du matin. Je comprends très vite qu’il faut partir, nous sommes le vendredi 25 juillet.
Hé oui ! Enfin le jour J.
J’ai chargé mon matériel dans le Kangoo de Stéphane et le décollage s’effectue à 5 heures, pour 2 heures de route. Le trajet est chargé d’excitation avec du stress caché derrière toutes les émotions. Un seul but pour nous, prendre du poisson et finir sur l’une des marches du podium. Nous sommes sur place vers 7 heures, alors que l’enduro ne débute seulement qu’à 15 heures.
Nous profitons de ces quelques heures pour faire le repérage des trente postes disponibles. Muni d’un plan schématisant le secteur de pêche, nous effectuons poste après poste une observation très pointilleuse sur les courants, les arbres immergés et les différentes formes des berges.
Au bout de 3 heures de repérage intensif, nous réalisons un classement du meilleur au moins bon poste.
Le choix fût très dur, tous les postes semblaient avoir un potentiel à exploiter. Les arbres sont très présents et les berges très sauvages, cependant, d’après quelques échos des pêcheurs locaux, nous élaborons tout de même un classement. A midi, mon estomac et celui de Stéphane sont noués, impossible de manger quoi que ce soit. Nous sommes à une poignée de minutes du tirage au sort.

Un "super" poste où, pour atteindre l’eau, il faut descendre une marche d’escalier de 2 mètres.
Après un court briefing avec différentes explications sur le déroulement de l’enduro, momentanément interrompu par un magistral pet de Stéphane, le moment fatidique du tirage au sort, arrive enfin. L’équipe tirée au sort choisi son poste, il était donc évidemment que plus nous serions tiré tôt, plus nous aurions la chance d’avoir un bon poste.
Le « stress » est à son comble, la première puis la seconde équipe choisissent chacune leur postes et toujours aucun appel de nos noms. Le poste 15, meilleur poste à nos yeux est déjà pris. Puis, au troisième tirage : ouf ! c’est nous… D’une une voix tremblante je choisis le poste 30, le premier en amont de la Loire. Il s’agit d’un très bon poste, une place sur le podium est envisageable.
Arrivée sur les lieux, la pêche nous paraît évidente, il va nous falloir créer un barrage sur toute la largeur de la Loire. Il y à 80 mètres à couvrir.
Monter notre matériel n’est pas une mince affaire, le terrain est très incliné autour d’un gros bosquet. Pour arriver jusqu’à l’eau, il faut descendre une marche d’escalier de 2 mètres.
Une fois les batteries installées et la barque mise à l’eau, il ne nous reste plus qu’à attendre l’heure fatidique du début de l’enduro.
Voilà , C’est l’heure, nous avons 1 heure pour utiliser la barque et sonder.
Tout de suite, grosse surprise, sur les ¾ de la largeur, le fond n’excède pas 1m20. Le plus profond correspond au lit de la rivière, environ 3m 50, juste devant mon Rod-pod à 2 mètres du bord.
Petit briefing, et analyse de la situation, Nous changeons notre technique de pêche est nous nous adaptons à la morphologie du fond ; Stéphane s’occupe de barrer l’entrée des carpes sur la droite et moi, je réalise une pêche de bordure dans le lit de la rivière. Toute la berge est constituée de roches empilées et d’arbres effleurant la surface de l’eau, la pêche semble intéressante.
Après notre installation, la tranquillité s’installe et nous commençons à observer de l’activité sur nos postes d’amorçage, surtout sur le mien.
Nous avons minimisé les amorçages pour ne pas effrayer les carpes.
En soirée, j’ai l’honneur d’ouvrir le bal, j’enregistre le premier départ de l’enduro. Très fier je prends la canne en main et commence à travailler le poisson, mais je sens quelque chose que je n’aime pas, une résistance, un frottement de mon fil sur un obstacle. Je suis coincé dans le fond, certainement dans les roches. Je me vois mal perdre le premier poisson. Un spectaculaire rush me sauve la vie et libère ma ligne. Après un combat acharné le poisson se glisse à l’épuisette. C’est une carpe commune de petite taille, environ 6 kg, qu’a cela ne tienne, en enduro tout compte.
Quelques minutes plus tard, Stéphane s’est empressé d’afficher une carpe en carton rouge sur notre panneau indiquant le numéro de notre poste. Ce signal permet d’informer les commissaires sur la prise d’une carpe.
Soudain, un peu plus tard dans la soirée, un des détecteurs à Stéphane s’emballe. La carpe ne s’arrête plus, elle descend le courant passe devant mes cannes et revient sur la bordure de notre berge. Après l’avoir fortement bridée, déception, le poisson se dépique.
Avec la perte de cette carpe, le sommeil est dur à trouver. Au levé du jour nous en sommes à quatre départs mais seulement deux poissons. Le poste est très dur à pêcher, les carpes descendent toutes le courant elles se faufilent sous les branches des arbres et deviennent impossibles à ramener.
L’attente du passage des commissaires est intenable, nous souhaitons connaître le résultat des autres équipes pour la première nuit. Enfin, les voilà qui nous annoncent que nous sommes seconds avec quelques grammes de retard. Ah ! Si nous n’avions pas perdu de poisson dans les branches ! La journée est marquée par un soleil de plomb, l’ombre se fait rare.
La question à l’ordre du jour est : Comment faire pour ne plus perdre de poisson ? Aucune réponse, à part brider. Je ne sais pas par quel miracle, en plein milieu de l’après midi, l’un de mes Fox s’affole. C’est une canne balancée au milieu de la Loire avec une frondée de Tiger-nuts. Un poisson nous permettant de prendre la première place du concours. Il s’agit de la seul carpe prise de la journée sur tous les postes. Il est maintenant l’heure de réfléchir pour la stratégie à appliquer pour la deuxième nuit. On ne change pas une équipe qui gagne.
D’un commun accord, nous décidons de ne rien changer, jusqu’à présent notre tactique est concluante. La seul chose qu’il faut améliorer, c’est le nombre de carpes ramenées sur la berge, et pas le nombre de départ. A part les contrer pendant leur descente dans le courant, aucune solution ne nous vient à l’esprit. La nuit tombe et les carpes reprennent leurs activités, en se manifestant par des sauts. Le sommeil est interrompu par plusieurs départs, mais malheureusement, toujours avec le même manque de réussite. Au petit matin, nous avons ajouté quatre départs à notre compteur, mais seulement une carpe au sec.
Le résultat est pour nous catastrophique et sans solution. Malgré tout nous sommes à quelques grammes des premiers, rien de perdu… Le matin est très dur pour le moral, car une heure plus tard nous apprenons que l’équipe du poste 15, notre principal rival pour la première place, a fait une carpe magnifique de 9 kg. Nous-nous retrouvons avec 10 kg de retard. La seule solution qui nous reste, est de prendre du poisson en journée, évidemment sans les perdre dans les branches. Soudain, une idée lumineuse vient à l’esprit de Stéphane : et si je combattais mes poissons avec la canne sous l’eau ? Cela permettra peut-être d’éviter les arbres. Nous languissions le prochain départ pour concrétiser cette théorie. Dans la journée, une carpe saute trois fois au même endroit, je décide de lui lancer une canne dessus. A peine une minute plus tard, la canne démarre mais s’arrête aussitôt.
Malgré tous nos efforts, aucun poisson n’a voulu mordre de jour. Le défit s’annonce difficile, rattraper 10 kg et prendre de l’avance en sachant pertinemment que nos adversaires vont faire du poisson pendant nuit. Pour la première fois, nous n’enregistrons qu’un départ en tombée de nuit et en plus de ça, elle se décroche. Le sommeil est encore difficile à trouver.
Vers 1 heure du matin, nous décidons de ne pas simplement laisser faire la chance. D’un pas décidé, je relance toutes mes cannes, chance ou nouvelles bouillettes, toujours est-il que je fais immédiatement un départ. Je ferre, descend au bord de l’eau et plonge ma canne jusqu’au moulinet. Jamais encore, je n’avais combattu une carpe de cette manière, incroyable ça marche ! Le poisson vient sans aucune difficulté à l’épuisette. Au levé du jour, cette méthode s’avère être un véritable succès. Pas moins de quatre carpes dans nos sacs. Le résultat général de cette dernière nuit est capital, sommes-nous premier ou second ?
Dés l’arrivée des commissaires, nous leur sautons dessus sans attendre, malheureusement nous sommes à 2,150 kg des premiers, toujours sur le
poste 15. Il ne nous reste plus que quatre heures pour prendre une carpe. En plus de ça, elles nous narguent en sautant sans arrêt devant nous. Le stress est à son comble, nous n’osons plus regarder notre montre, ni même la Loire qui elle, est troublée par des ronds et des marsouinages. Malgré toutes nos tentatives, nous n’arrivons pas à faire le poisson de la victoire. Nous-nous inclinons devant l’équipe du poste 15.
Voilà , c’est la fin, Nous étions pourtant si proche de la victoire…
A chaud, nous sommes déçus, mais avec du recul, second pour notre premier enduro ce n’est vraiment pas si mal !
Les résultats sont surprenants, seulement sept équipes sur vingt et une ont pris du poisson. Et mieux, nous terminons deuxième avec une quinzaine de kilos devant les troisièmes.
La remise des prix est très brève et très mal doté. Les premiers partent avec deux biwis de marque inconnue ainsi que deux coupes. Nous, nous partons avec quatre cannes pour deux, d’une valeur moyenne ainsi qu’un miroir chacun.
Nous avons trouvé l’accueil très médiocre et la seule conclusion que nous en tirons, c’est qu’ils ont voulu avant tout faire rentrer de l’argent dans leur caisse. Le plus grand exemple que nous pouvons donner est l’impossibilité pour les concurrents, d’obtenir de l’eau plate, il fallait payer pour avoir de l’eau gazeuse. Sur le retour, deux choses restent gravées dans notre tête, nous étions sur le podium pour notre premier enduro, mais pourquoi n’avons nous pas pensé à plonger la canne dans l’eau dés la première nuit. Sur quinze départs, nous sortons seulement huit poissons. Vraiment dommage…
Que peut-on faire quand la nature en a décidé autrement ?









